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Eric Laurrent, prix Lavinal

LITTERATURELe jury a débattu et a désigné jeudi soir (15 mai) le roman « Renaissance italienne » gagnant du prix Lavinal 2008

Eric Laurrent, prix Lavinal

jury lavinal
Le jury s’est réuni au Chapon fin pour délibérer

Après deux heures de délibération et de courtois désaccords en tous genres dans le salon du restaurant Le Chapon Fin, à Bordeaux, les jurés (lecteurs de la librairie Mollat et membres associés de Lynch-Bages, des rédactions de France 3, France Bleu Gironde et « Sud Ouest ») ont désigné Éric Laurrent, pour « Renaissance italienne » (Éditions de Minuit), comme lauréat du prix Lavinal-Printemps des lecteurs 2008. Leur choix s’est porté non seulement sur le dernier titre mais sur les précédents livres que la plupart des membres du jury avaient lus. Or, curieusement, Éric Laurrent n’avait jusqu’alors obtenu aucune reconnaissance.
Pour sa jeune existence, le prix Lavinal a donc, d’une certaine façon, effacé une forme d’injustice. Pourtant, les débats ont été rudes avant d’arriver à cette conclusion. Chacun des livres présentés ayant son avocat, à commencer par le vote groupé des passionnés de littérature qui, par courrier ou par mail, ont exprimé leur préférence. Rappelons que Mollat avait proposé six ouvrages différents, mêlant des goûts distincts de lecture et panachant grandes maisons et petites parutions. Le favori des lecteurs était Véronique Ovaldé pour « Et mon coeur transparent » (Éditions de l’Olivier). Marie-Hélène Lafon, avec « Les Derniers Indiens » (éd. Buchet Chastel), et Mathieu Larnaudie, avec « Strangulation » (éd. Gallimard) suivirent le gagnant dans les dernières délibérations, malgré les partisans d’Éric Faye pour « L’Homme sans empreintes » et « Linge sale » (éd. Panama), de Guillaume Lecasble.
Le prix sera remis le 12 juin prochain à Éric Laurrent, au village Lavinal à Lynch-Bages. Merci à Claude Favarel-Garrigues, Sophie Boileau, Christophe Dejean, Éric Coeur, Nicolas Nocart pour leur lecture attentive et passionnée. Et surtout pour leur excellent choix.

A propos d’Eric Laurrent

Articles de “Sud Ouest” à propos d’Eric Laurrent



“Sud Ouest” du 12 mars 1998

Eric Laurrent : liquider le roman

Il s’habille un peu comme il écrit : avec un mélange et de désinvolture affectée. Eric Laurrent était mardi l’invité du Trianon-Jean Vigo. Il y a présenté « Beau Fixe sur New York » : une comédie musicale de 1955, la dernière du couple Stanley Danen - Gene Kelly. Une oeuvre qui sonne le crépuscule du genre, oú la danse enjouée cède à une discrète mélancolie, oú perce déjà la critique de cet hédonisme cynique qu’on n’appelait pas encore la « société du spectacle ».

Tout ce qu’aime ce jeune auteur de 31 ans : ce formalisme un peu désuet, à la fois rigoureux et ludique, de ceux qui connaissent la musique tout en dénonçant la partition. Mais sa vocation à lui est d’ordre littéraire. Elle lui est venue très tôt, bien avant de s’y mettre vraiment, au moment de son adolescence auvergnate. A 28 ans, il achève son premier roman, et le porte directement aux Editions de Minuit : « J’étais un grand lecteur de Beckett et des auteurs du nouveau roman : Pinget, Simon et les autres. Je sentais qu’il y avait là un esprit de confrérie, de famille. »

Petit miracle, la famille a reconnu son fils. Le lendemain, Minuit sonnait à sa porte et très vite « Coup de Foudre » s’attirait un succès critique, le prix Fénéon et celui de la Fondation Hachette. En trois ouvrages, il devient le plus jeune représentant d’une génération littéraire (dans laquelle on pourrait ranger Jean Echenoz, Christian Oster, Jean-Philippe Toussaint) éditée dans la collection bleu et blanche. « Ce qui fait l’unité de ce groupe, c’est son souci d’interroger la forme. Ça paraît un lieu commun, mais il y a tellement de gens qui s’en foutent. »

Cette volonté d’ausculter l’espace des possibles, on la retrouve dans son dernier ouvrage, « Liquider ». La narration de cette élégante parodie de roman noir se dilue dans multiplication des voix et des modes, métaphores elliptiques, digressions sauvages et autres ruptures de niveau. Son style emprunte aux recherches formelles des auteurs cités plus haut, mais aussi au cinéma, usant d’un sens particulier du cadrage, du travelling, fondu-enchaînés, plan séquences… Ajoutons une prédilection plus personnelle pour l’image décalée et le mot rare : « J’essaie de jouer sur l’effet de surprise, dérouter le lecteur, lui dire à chaque phrase : attention, c’est de la pure représentation. »

Les romans contemporains lui tombent des mains. Il s’essaie à casser le genre. Pour mettre quoi à la place ? Difficile de se débarrasser d’une forme qu’on hait et qu’on adore à la fois. Surtout si on vous avoue, cinq minutes plus tard, qu’« Un jour, j’écrirai un grand roman. » Un grand quoi ?

SERGE LATAPY

 

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“Sud Ouest” du 19 décembre 1995

CRITIQUE

Le prix Fénéon de littérature 1995 a été attribué à Eric Laurrent , 29 ans, pour son premier roman, « Coup de foudre », paru aux Editions de Minuit. Le prix, d’un montant de 20 000 francs, est décerné annuellement depuis 1949 par l’Université de Paris, légataire universelle du chroniqueur et critique d’art Félix Fénéon, décédé en 1944. Le jury, composé d’écrivains, était présidé par Michèle Gendreau-Massaloux, recteur de l’académie de Paris.

« Coup de foudre » raconte les malheurs d’un jeune employé de bureau dont toute la vie se détraque. Par bonheur, c’est le printemps et donc la saison des amours…

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20 mars 2008 - Aucun commentaire
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