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A propos de Véronique Ovaldé

Articles de “Sud Ouest” à propos de Véronique Ovaldé


“Sud Ouest Dimanche” du 30 mars 2008

ovaldeLe roman « Et mon coeur transparent », de Véronique Ovaldé, a été sélectionné pour le prix Lavinal 2008. Lisez-le et à vous de juger

L’intime âme humaine

Connaît-on jamais une femme ? Un jour, seulement, cesse-t-on de l’ignorer. Lancelot Rubinstein, héros du dernier roman de Véronique Olvadé, en fait l’amère expérience. L’annonce du décès accidentel de son épouse Irène suscite en lui des questionnements douloureux. Il va alors tenter de dissiper ce halo de mystères et révéler un à un les secrets que sa moitié avait pris soin de lui dissimuler. Le lecteur, tenu en haleine, accompagne ce chevalier à la triste figure dans sa chute. Une magnifique chute.


Fantaisiste. Un roman enchanteur où l’absurde se cogne à une mélancolie diffuse. Les paysages semblent murmurer. Les âmes mangent quelques miettes de beauté. La solitude coule dans les veines. Comment regarder un ciel malade, une femme furtive, comment être soi-même quand la vérité se dérobe sans cesse ? Derrière le ton badin sourdent toujours quelques larmes. La vie se perd dans le hasard…
Délestant les événements et les êtres de leur sérieux mortifère, la plume de Véronique Ovaldé (1) effleure, ne s’attarde pas et s’esquive malicieusement. Peut-être parce qu’il n’y a d’important que ce qui n’a pas été encore dit. Cette jeune romancière prend plaisir à déréaliser l’intrigue à travers une composition alambiquée et des digressions fantaisistes, et abuse du droit qu’a parfois le vrai d’être invraisemblable. Car, au fond, c’est toujours l’écriture qui mène la danse, dans un phrasé délicieusement suranné où l’on perçoit l’ombre boiteuse de Verlaine et son éperdue douceur : « Le pont, c’est un endroit à fantômes. L’air est limpide et mon coeur transparent. »

(1) Véronique Ovaldé sera présente à l’Escale du livre de Bordeaux, le samedi 5 avril, à 16h30, au Café du théâtre, au TNBA. Elle y invitera la romancière Cécile Ladjali dans le cadre de «Regards croisés». www.escaledulivre.com ou 05 56 10 10 10.


:isabelle bunisset


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“Sud Ouest” du 18 septembre 2005


Un lapin sous la lune

Véronique Ovaldé , Fabienne Juhel, Michèle Gazier. De l’autre côté du miroir, au milieu des histoires, il y en a presque toujours une, secrète, qui raconte les origines

Déloger l’animal, c’est extirper de son esprit le lapin malin de l’enfance qui incite au câlin mais ronge, oui ronge les méninges et les sentiments parce que le vrai n’est jamais le beau, et qu’il faut bien trouver le beau quelque part. Dans le roman de Véronique Ovaldé , la petite Rose, fantasque demoiselle aussi disgracieuse que délicieuse, corps de 15 ans, esprit de 7, imagine ainsi à sa mère disparue une vie magnifique, celle d’avant Monsieur Loyal, et une histoire d’amour fulgurante et extraordinaire dont elle serait le fruit. Sa mère était trop merveilleuse pour se contenter d’un banal gérant de cirque. Les petites filles ont beaucoup d’imagination quand leur monde ressemble à celui de Lewis Carroll. Rose ne traverse aucun miroir, elle grimpe sur les toits d’un immeuble et réinvente sa vie rêvée, sa vie aimée. Les adultes ignorent _ pourtant, on n’arrête pas de le leur dire _ combien c’est difficile pour un enfant de ne pas savoir. Rose ne sait pas. Alors elle se raconte un conte.

Monstrueuses pagailles. Rose, c’est la jumelle d’une autre Alice. Celle de Fabienne Juhel, dont le remarquable premier roman se passe dans le jardin fantastique d’un manoir breton, auprès d’une mère qui finalement n’en est pas une, d’une Mexicaine qui parle un français balzacien, et d’un Indien, un géant des terres de feu qui tue les arbres. La petite fille est en manque d’affection, de complicité, elle en grésille de ce manque, et prend au vol tous ces moments fugitifs et minuscules qui pèsent lourd l’amour. Fabienne Juhel parle de la sensualité de l’enfance avec une jolie pudeur. La maman a une amante et la petite pense que si sa mère est heureuse alors elle aura droit à des filaments de bonheur. Une histoire de transfiguration oú Alice frémirait d’amour pour un Petit Prince acoquiné avec Katie Pom et la fée Clochette, parce que tous les héros de l’enfance se cachent dans ce roman magique. Les plus jolies choses du monde ne sont que des ombres, comme les dessins de Benjamin Rabier, et ses arbres flirtant avec la lune. La veuve des îles qui n’ose pas aimer sa mère, et le fantôme de Nadine, qui pourrait bien dormir au fond du puits, et puis l’Indien armé d’une hache qui va assassiner son arbre. Celui auquel elle s’accroche pour donner un semblant de racines à son histoire inextricable oú s’agitent les fantasmes et les angoisses, l’image d’un pseudo-père capitaine disparu en mer, d’autres images, plus floues, et sans cesse ces non-dits qui lui font douter d’être ce qu’elle est.

L’autre Alice. Alice a grandi. Celle-ci se prénomme vraiment Alice, et Michèle Gazier ne livre pas tous ses secrets. Alice est elle aussi en quête perpétuelle de son histoire familiale, enracinée du côté du Mont-Perdu, dans les montagnes espagnoles. Parce que ses ancêtres, républicains vaincus par le fascisme venus de là-bas, ont effacé rageusement leur passé. La jeune femme veut absolument comprendre pourquoi. Elle revendique vigoureusement des racines que deux générations ont tout fait pour oublier, sans explication. Loin de la légèreté pleine de lyrisme du « Merle bleu » ou des « Sorcières ordinaires », Michèle Gazier la Catalane se laisse aller à raconter des bribes de sa propre vie dans ce « Mont-Perdu » beaucoup plus lourd et dense que ses précédents romans, et qui, dans cette lourdeur, a perdu sa poésie légère et feutrée. C’est un peu dommage si l’errance et la désespérance éperdues d’Alice captivent l’émotion, si on s’attache avec elle à vouloir comprendre ces sources perdues, son obsession devient encombrante… Minutieuse, acharnée, elle entraîne avec elle un compagnon d’enfance qui comprend cette hargne à remonter les fils de la mémoire familiale, et ne se lasse pas de cette quête à laquelle pourtant il ne prend aucune part, et qui finit par se noyer dans une averse.

« Déloger l’animal », de Véronique Ovaldé , Actes Sud, 167 pages 17,80 euros.

« La Verticale de la lune », de Fabienne Juhel, Zulma, 142 pages, 12,50 euros.

« Mont-Perdu », de Michèle Gazier, Le Seuil, 222 pages, 19 euros.

ISABELLE DE MONTVERT-CHAUSSY

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“Sud Ouest” du 31 août 2003

CRITIQUE

Dépendance amoureuse. La constante chez Véronique Ovaldé , c’est la violence. Ce troisième roman est rugueux, il bouscule les esprits, invite à la révolte. Lili s’ennuie auprès de son compagnon, mais elle a besoin de son corps. Son enfance de torture et d’enfermement, son père malade de cruauté envers elle et son jeune frère, ses désirs de mort, sa liaison précoce avec un Indien juteux et énorme lui reviennent à la mémoire tandis que celui-ci, après une longue absence, revient la hanter. Âmes sensibles s’abstenir.

« Les hommes en général me plaisent beaucoup », de Véronique Ovaldé , Actes Sud, 324 pages, 15 euros.

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“Sud Ouest” du 17 juin 2003

Un roman scintillant

GIRONDE-SUR-DROPT. Pour son deuxième roman, Véronique Ovaldé a reçu samedi le prix littéraire Gironde

La bibliothèque de Gironde-sur-Dropt était pleine à craquer samedi matin, lors de la remise du prix littéraire des mains du président du Conseil général, Philippe Madrelle. Une ambiance chaleureuse à tous les sens du terme a été adressée. Véronique Ovaldé , une jeune romancière de 31 ans pour son livre intitulé « Toutes choses scintillant », aux éditions de l’Ampoule, ce qui ne s’invente pas.

La structure culturelle de Gironde-sur-Dropt a donc été sélectionnée pour accueillir l’événement, une reconnaissance pour un travail accomplit depuis bientôt trois ans.

Pour l’auteur, cette remise de prix fut un vrai plaisir. « C’est une surprise totale. Mon éditeur m’a appris la nouvelle et c’est le premier prix que je reçois. Il y a bien eu des motions mais pas une telle consécration », s’exclamait la romancière.

Conviction. Véronique Ovaldé n’en est qu’à son deuxième roman, mais certainement pas à son premier essai : « J’écris depuis toute petite, depuis l’âge de six ans. Des choses pas très élaborées, forcément, mais des petites histoires, des poèmes… et j’ai pris la décision d’être écrivain depuis cet âge-là. « Une conviction qui paie ! » Au son du Pan Spirit Steel Orchestra, qui animait le pique-nique à suivre, l’auteur précisait que son troisième roman était sur le point de sortir. « Les hommes en général me plaisent beaucoup » en est le titre. Une jeune écrivain à suivre assurément.

Olivier Bayle-Videau

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