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Eric Laurrent, prix Lavinal

LITTERATURELe jury a débattu et a désigné jeudi soir (15 mai) le roman « Renaissance italienne » gagnant du prix Lavinal 2008

Eric Laurrent, prix Lavinal

jury lavinal
Le jury s’est réuni au Chapon fin pour délibérer

Après deux heures de délibération et de courtois désaccords en tous genres dans le salon du restaurant Le Chapon Fin, à Bordeaux, les jurés (lecteurs de la librairie Mollat et membres associés de Lynch-Bages, des rédactions de France 3, France Bleu Gironde et « Sud Ouest ») ont désigné Éric Laurrent, pour « Renaissance italienne » (Éditions de Minuit), comme lauréat du prix Lavinal-Printemps des lecteurs 2008. Leur choix s’est porté non seulement sur le dernier titre mais sur les précédents livres que la plupart des membres du jury avaient lus. Or, curieusement, Éric Laurrent n’avait jusqu’alors obtenu aucune reconnaissance.
Pour sa jeune existence, le prix Lavinal a donc, d’une certaine façon, effacé une forme d’injustice. Pourtant, les débats ont été rudes avant d’arriver à cette conclusion. Chacun des livres présentés ayant son avocat, à commencer par le vote groupé des passionnés de littérature qui, par courrier ou par mail, ont exprimé leur préférence. Rappelons que Mollat avait proposé six ouvrages différents, mêlant des goûts distincts de lecture et panachant grandes maisons et petites parutions. Le favori des lecteurs était Véronique Ovaldé pour « Et mon coeur transparent » (Éditions de l’Olivier). Marie-Hélène Lafon, avec « Les Derniers Indiens » (éd. Buchet Chastel), et Mathieu Larnaudie, avec « Strangulation » (éd. Gallimard) suivirent le gagnant dans les dernières délibérations, malgré les partisans d’Éric Faye pour « L’Homme sans empreintes » et « Linge sale » (éd. Panama), de Guillaume Lecasble.
Le prix sera remis le 12 juin prochain à Éric Laurrent, au village Lavinal à Lynch-Bages. Merci à Claude Favarel-Garrigues, Sophie Boileau, Christophe Dejean, Éric Coeur, Nicolas Nocart pour leur lecture attentive et passionnée. Et surtout pour leur excellent choix.

A propos de Véronique Ovaldé

Articles de “Sud Ouest” à propos de Véronique Ovaldé


“Sud Ouest Dimanche” du 30 mars 2008

ovaldeLe roman « Et mon coeur transparent », de Véronique Ovaldé, a été sélectionné pour le prix Lavinal 2008. Lisez-le et à vous de juger

L’intime âme humaine

Connaît-on jamais une femme ? Un jour, seulement, cesse-t-on de l’ignorer. Lancelot Rubinstein, héros du dernier roman de Véronique Olvadé, en fait l’amère expérience. L’annonce du décès accidentel de son épouse Irène suscite en lui des questionnements douloureux. Il va alors tenter de dissiper ce halo de mystères et révéler un à un les secrets que sa moitié avait pris soin de lui dissimuler. Le lecteur, tenu en haleine, accompagne ce chevalier à la triste figure dans sa chute. Une magnifique chute.


Fantaisiste. Un roman enchanteur où l’absurde se cogne à une mélancolie diffuse. Les paysages semblent murmurer. Les âmes mangent quelques miettes de beauté. La solitude coule dans les veines. Comment regarder un ciel malade, une femme furtive, comment être soi-même quand la vérité se dérobe sans cesse ? Derrière le ton badin sourdent toujours quelques larmes. La vie se perd dans le hasard…
Délestant les événements et les êtres de leur sérieux mortifère, la plume de Véronique Ovaldé (1) effleure, ne s’attarde pas et s’esquive malicieusement. Peut-être parce qu’il n’y a d’important que ce qui n’a pas été encore dit. Cette jeune romancière prend plaisir à déréaliser l’intrigue à travers une composition alambiquée et des digressions fantaisistes, et abuse du droit qu’a parfois le vrai d’être invraisemblable. Car, au fond, c’est toujours l’écriture qui mène la danse, dans un phrasé délicieusement suranné où l’on perçoit l’ombre boiteuse de Verlaine et son éperdue douceur : « Le pont, c’est un endroit à fantômes. L’air est limpide et mon coeur transparent. »

(1) Véronique Ovaldé sera présente à l’Escale du livre de Bordeaux, le samedi 5 avril, à 16h30, au Café du théâtre, au TNBA. Elle y invitera la romancière Cécile Ladjali dans le cadre de «Regards croisés». www.escaledulivre.com ou 05 56 10 10 10.


:isabelle bunisset


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“Sud Ouest” du 18 septembre 2005


Un lapin sous la lune

Véronique Ovaldé , Fabienne Juhel, Michèle Gazier. De l’autre côté du miroir, au milieu des histoires, il y en a presque toujours une, secrète, qui raconte les origines

Déloger l’animal, c’est extirper de son esprit le lapin malin de l’enfance qui incite au câlin mais ronge, oui ronge les méninges et les sentiments parce que le vrai n’est jamais le beau, et qu’il faut bien trouver le beau quelque part. Dans le roman de Véronique Ovaldé , la petite Rose, fantasque demoiselle aussi disgracieuse que délicieuse, corps de 15 ans, esprit de 7, imagine ainsi à sa mère disparue une vie magnifique, celle d’avant Monsieur Loyal, et une histoire d’amour fulgurante et extraordinaire dont elle serait le fruit. Sa mère était trop merveilleuse pour se contenter d’un banal gérant de cirque. Les petites filles ont beaucoup d’imagination quand leur monde ressemble à celui de Lewis Carroll. Rose ne traverse aucun miroir, elle grimpe sur les toits d’un immeuble et réinvente sa vie rêvée, sa vie aimée. Les adultes ignorent _ pourtant, on n’arrête pas de le leur dire _ combien c’est difficile pour un enfant de ne pas savoir. Rose ne sait pas. Alors elle se raconte un conte.

Monstrueuses pagailles. Rose, c’est la jumelle d’une autre Alice. Celle de Fabienne Juhel, dont le remarquable premier roman se passe dans le jardin fantastique d’un manoir breton, auprès d’une mère qui finalement n’en est pas une, d’une Mexicaine qui parle un français balzacien, et d’un Indien, un géant des terres de feu qui tue les arbres. La petite fille est en manque d’affection, de complicité, elle en grésille de ce manque, et prend au vol tous ces moments fugitifs et minuscules qui pèsent lourd l’amour. Fabienne Juhel parle de la sensualité de l’enfance avec une jolie pudeur. La maman a une amante et la petite pense que si sa mère est heureuse alors elle aura droit à des filaments de bonheur. Une histoire de transfiguration oú Alice frémirait d’amour pour un Petit Prince acoquiné avec Katie Pom et la fée Clochette, parce que tous les héros de l’enfance se cachent dans ce roman magique. Les plus jolies choses du monde ne sont que des ombres, comme les dessins de Benjamin Rabier, et ses arbres flirtant avec la lune. La veuve des îles qui n’ose pas aimer sa mère, et le fantôme de Nadine, qui pourrait bien dormir au fond du puits, et puis l’Indien armé d’une hache qui va assassiner son arbre. Celui auquel elle s’accroche pour donner un semblant de racines à son histoire inextricable oú s’agitent les fantasmes et les angoisses, l’image d’un pseudo-père capitaine disparu en mer, d’autres images, plus floues, et sans cesse ces non-dits qui lui font douter d’être ce qu’elle est.

L’autre Alice. Alice a grandi. Celle-ci se prénomme vraiment Alice, et Michèle Gazier ne livre pas tous ses secrets. Alice est elle aussi en quête perpétuelle de son histoire familiale, enracinée du côté du Mont-Perdu, dans les montagnes espagnoles. Parce que ses ancêtres, républicains vaincus par le fascisme venus de là-bas, ont effacé rageusement leur passé. La jeune femme veut absolument comprendre pourquoi. Elle revendique vigoureusement des racines que deux générations ont tout fait pour oublier, sans explication. Loin de la légèreté pleine de lyrisme du « Merle bleu » ou des « Sorcières ordinaires », Michèle Gazier la Catalane se laisse aller à raconter des bribes de sa propre vie dans ce « Mont-Perdu » beaucoup plus lourd et dense que ses précédents romans, et qui, dans cette lourdeur, a perdu sa poésie légère et feutrée. C’est un peu dommage si l’errance et la désespérance éperdues d’Alice captivent l’émotion, si on s’attache avec elle à vouloir comprendre ces sources perdues, son obsession devient encombrante… Minutieuse, acharnée, elle entraîne avec elle un compagnon d’enfance qui comprend cette hargne à remonter les fils de la mémoire familiale, et ne se lasse pas de cette quête à laquelle pourtant il ne prend aucune part, et qui finit par se noyer dans une averse.

« Déloger l’animal », de Véronique Ovaldé , Actes Sud, 167 pages 17,80 euros.

« La Verticale de la lune », de Fabienne Juhel, Zulma, 142 pages, 12,50 euros.

« Mont-Perdu », de Michèle Gazier, Le Seuil, 222 pages, 19 euros.

ISABELLE DE MONTVERT-CHAUSSY

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“Sud Ouest” du 31 août 2003

CRITIQUE

Dépendance amoureuse. La constante chez Véronique Ovaldé , c’est la violence. Ce troisième roman est rugueux, il bouscule les esprits, invite à la révolte. Lili s’ennuie auprès de son compagnon, mais elle a besoin de son corps. Son enfance de torture et d’enfermement, son père malade de cruauté envers elle et son jeune frère, ses désirs de mort, sa liaison précoce avec un Indien juteux et énorme lui reviennent à la mémoire tandis que celui-ci, après une longue absence, revient la hanter. Âmes sensibles s’abstenir.

« Les hommes en général me plaisent beaucoup », de Véronique Ovaldé , Actes Sud, 324 pages, 15 euros.

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“Sud Ouest” du 17 juin 2003

Un roman scintillant

GIRONDE-SUR-DROPT. Pour son deuxième roman, Véronique Ovaldé a reçu samedi le prix littéraire Gironde

La bibliothèque de Gironde-sur-Dropt était pleine à craquer samedi matin, lors de la remise du prix littéraire des mains du président du Conseil général, Philippe Madrelle. Une ambiance chaleureuse à tous les sens du terme a été adressée. Véronique Ovaldé , une jeune romancière de 31 ans pour son livre intitulé « Toutes choses scintillant », aux éditions de l’Ampoule, ce qui ne s’invente pas.

La structure culturelle de Gironde-sur-Dropt a donc été sélectionnée pour accueillir l’événement, une reconnaissance pour un travail accomplit depuis bientôt trois ans.

Pour l’auteur, cette remise de prix fut un vrai plaisir. « C’est une surprise totale. Mon éditeur m’a appris la nouvelle et c’est le premier prix que je reçois. Il y a bien eu des motions mais pas une telle consécration », s’exclamait la romancière.

Conviction. Véronique Ovaldé n’en est qu’à son deuxième roman, mais certainement pas à son premier essai : « J’écris depuis toute petite, depuis l’âge de six ans. Des choses pas très élaborées, forcément, mais des petites histoires, des poèmes… et j’ai pris la décision d’être écrivain depuis cet âge-là. « Une conviction qui paie ! » Au son du Pan Spirit Steel Orchestra, qui animait le pique-nique à suivre, l’auteur précisait que son troisième roman était sur le point de sortir. « Les hommes en général me plaisent beaucoup » en est le titre. Une jeune écrivain à suivre assurément.

Olivier Bayle-Videau

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20 mars 2008 - Aucun commentaire
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A propos d’Eric Laurrent

Articles de “Sud Ouest” à propos d’Eric Laurrent



“Sud Ouest” du 12 mars 1998

Eric Laurrent : liquider le roman

Il s’habille un peu comme il écrit : avec un mélange et de désinvolture affectée. Eric Laurrent était mardi l’invité du Trianon-Jean Vigo. Il y a présenté « Beau Fixe sur New York » : une comédie musicale de 1955, la dernière du couple Stanley Danen - Gene Kelly. Une oeuvre qui sonne le crépuscule du genre, oú la danse enjouée cède à une discrète mélancolie, oú perce déjà la critique de cet hédonisme cynique qu’on n’appelait pas encore la « société du spectacle ».

Tout ce qu’aime ce jeune auteur de 31 ans : ce formalisme un peu désuet, à la fois rigoureux et ludique, de ceux qui connaissent la musique tout en dénonçant la partition. Mais sa vocation à lui est d’ordre littéraire. Elle lui est venue très tôt, bien avant de s’y mettre vraiment, au moment de son adolescence auvergnate. A 28 ans, il achève son premier roman, et le porte directement aux Editions de Minuit : « J’étais un grand lecteur de Beckett et des auteurs du nouveau roman : Pinget, Simon et les autres. Je sentais qu’il y avait là un esprit de confrérie, de famille. »

Petit miracle, la famille a reconnu son fils. Le lendemain, Minuit sonnait à sa porte et très vite « Coup de Foudre » s’attirait un succès critique, le prix Fénéon et celui de la Fondation Hachette. En trois ouvrages, il devient le plus jeune représentant d’une génération littéraire (dans laquelle on pourrait ranger Jean Echenoz, Christian Oster, Jean-Philippe Toussaint) éditée dans la collection bleu et blanche. « Ce qui fait l’unité de ce groupe, c’est son souci d’interroger la forme. Ça paraît un lieu commun, mais il y a tellement de gens qui s’en foutent. »

Cette volonté d’ausculter l’espace des possibles, on la retrouve dans son dernier ouvrage, « Liquider ». La narration de cette élégante parodie de roman noir se dilue dans multiplication des voix et des modes, métaphores elliptiques, digressions sauvages et autres ruptures de niveau. Son style emprunte aux recherches formelles des auteurs cités plus haut, mais aussi au cinéma, usant d’un sens particulier du cadrage, du travelling, fondu-enchaînés, plan séquences… Ajoutons une prédilection plus personnelle pour l’image décalée et le mot rare : « J’essaie de jouer sur l’effet de surprise, dérouter le lecteur, lui dire à chaque phrase : attention, c’est de la pure représentation. »

Les romans contemporains lui tombent des mains. Il s’essaie à casser le genre. Pour mettre quoi à la place ? Difficile de se débarrasser d’une forme qu’on hait et qu’on adore à la fois. Surtout si on vous avoue, cinq minutes plus tard, qu’« Un jour, j’écrirai un grand roman. » Un grand quoi ?

SERGE LATAPY

 

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“Sud Ouest” du 19 décembre 1995

CRITIQUE

Le prix Fénéon de littérature 1995 a été attribué à Eric Laurrent , 29 ans, pour son premier roman, « Coup de foudre », paru aux Editions de Minuit. Le prix, d’un montant de 20 000 francs, est décerné annuellement depuis 1949 par l’Université de Paris, légataire universelle du chroniqueur et critique d’art Félix Fénéon, décédé en 1944. Le jury, composé d’écrivains, était présidé par Michèle Gendreau-Massaloux, recteur de l’académie de Paris.

« Coup de foudre » raconte les malheurs d’un jeune employé de bureau dont toute la vie se détraque. Par bonheur, c’est le printemps et donc la saison des amours…

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20 mars 2008 - Aucun commentaire
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A propos d’Eric Faye

Articles parus dans “Sud Ouest”, à propos d’Eric Faye :


“Sud Ouest” du 20 décembre 2007

Ça tourne au sous-sol de la fac de lettres

La Rochelle

CINÉMA.

Le Poitevin Jean-François Fontanel réalise un court-métrage de Paris à Rochefort et La Rochelle

C’est dans la boîte. Le réalisateur Jean-François Fontanel a terminé lundi dernier les rushs de son nouveau court-métrage, Le bureau des jours perdus . Tourné en partie à La Rochelle et à Rochefort, ce film, adapté d’une nouvelle d’ Eric Faye , raconte l’histoire d’un homme découvrant l’existence d’une société qui lui propose de visionner, par l’intermédiaire de caméras de surveillance, les derniers instants d’une histoire d’amour dont il n’a jamais fait le deuil.

L’équipe de tournage était venue faire un premier repérage il y a quelques mois. Nous cherchions plusieurs lieux pour servir de décors aux principales scènes du film , explique Alexandre Charlet, de la maison de production les films du Cygne.

La pièce principale, la salle de visionnage des vidéos, devait être un endroit austère, assez bétonné, et avec une bonne hauteur de plafond. Après avoir visité de nombreux bâtiments du quartier des Minimes, c’est finalement le sous-sol de la faculté de lettres qui a été retenu. Nous avons pu travailler comme en studio. La base murale était intéressante, puis nous avons installé un décor futuriste, avec de la moquette, des panneaux, des pupitres. Cette décoration a nécessité quinze jours de travail, et le personnel de la faculté nous a réservé un accueil sympathique. Plus facilement identifiable, d’autres sites ont été choisis pour tourner des scènes extérieures : Nous avons fait des plans dans les bus de la ville, et nous avons également eu besoin de la médiathèque, pour y installer le bureau du personnage principal. Nous avons beaucoup travaillé avec des techniciens et des acteurs locaux. L’association rochelaise Coulisse a organisé deux ou trois séances de casting. On retrouve dans le film une quinzaine de seconds rôles tenus par des acteurs locaux, entre les employés de la salle de visionnage, les vigiles, les autres clientsà

Le réalisateur Jean-François Fontanel n’en était pas à son coup d’essai avec ce court-métrage. Ce Poitevin de 32 ans a cependant reçu une aide financière du département et de la région. Après un travail de réécriture, il a envoyé son scénario à Poitou-Charentes Cinéma, puis a obtenu du Conseil général une aide à la production de son film.

Arnauld Bernard

 

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“Sud Ouest” du 30 mars 2000

« La vie est fantastique »

RENCONTRES LITTÉRAIRES

Eric Faye , romancier nouvelliste, était à Auch

hier soir. Il a rencontré son lectorat

et lui a expliqué sa conception de la vie

« La littérature est pour moi, une façon de communiquer des émotions, de rencontrer des personnes au-delà des circonstances habituelles » expliquait hier soir Eric Faye , au public auscitain venu participer au café-littéraire au Corto Maltese, initié par le Centre régional des lettres. C’est avec beaucoup de sincérité que l’écrivain a expliqué sa conception de la vie qui s’apparente fort à celle de ses ouvrages.

« Je trouve la vie en soi fantastique ! Le hasard pose des panneaux de signalisation à des moments clés de notre vie qui orientent notre destin. Dans mon travail, j’explore ces zones d’ombre, le basculement d’une frontière connue vers un ailleurs qui est inconnu » explique Eric Faye en faisant référence au « Mystère des trois frontières ».

La littérature est pour cet homme des « dépêches », synonyme de lenteur. Il travaille en effet dans une agence de presse parisienne et rédige au quotidien des dépêches basées sur des faits précis. Donc, pas de place à l’imagination. Il s’exprime alors, à ses heures perdues, en prenant le temps nécessaire « pour faire vieillir son écriture comme du bon vin ». Il avoue avoir mis plus de trois ans pour concevoir son dernier recueil de nouvelles « Lumières fossiles ».

LE MYTHE DU BANAL

Peu d’écrivains se risquent à écrire du fantastique, de l’absurde et de l’onirique. A un moment précis du texte, qui prend racine dans la réalité, le lecteur pénètre dans un monde fantastique, fruit de l’imagination d’ Eric Faye . Dans son dernier recueil, il explore le thème de la disparition. Sa source d’inspiration est bien réelle. Il est parti d’un fait divers qui l’a étrangement marqué.

« J’ai lu dans la presse l’histoire d’une femme qui avait disparu sans laisser de traces. Elle était originaire de la même ville que moi, et c’est peut être cela qui a créé en moi l’étincelle. Cette femme de 27 ans ne présentait pas les caractéristiques du prototype du disparu. C’était une personne banale. »

« Et la “banalité” éveille en moi de la fascination et de l’envoûtement. Je suis parti de cet ancrage dans le réel pour imaginer un scénario et créer le mythe d’une personne, qui a eu le courage de refaire sa vie ailleurs et d’exploiter la “zone libre de la vie” » précise l’auteur.

Cette rencontre littéraire a permis à de nombreux Auscitains de transpercer l’âme d’ Eric Faye , qui s’est vu de nombreuses fois récompensé (1), et de découvrir ses derniers écrits qui ne manquent pas, une fois de plus d’imagination et de lyrisme.

(1)._ Il a obtenu le Prix des Deux Magots en 1998 pour « Je suis le gardien du phare », ouvrage qui l’a révélé au grand public.

 

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“Sud Ouest” du 12 octobre 1998

Eric Faye récompensé

PRIX LITTÉRAIRE

Une espèce de mur de Berlin érigé en plein Paris, de part et d’autre duquel se regardent, comme en chiens de faïence, les idéologies dominantes et antagonistes, à la fin de la guerre froide… Ainsi peut-on résumer, d’une phrase, l’argument de « Parij », le livre d’ Eric Faye , sorti aux Editions du Serpent à plume, lauréat du prix du deuxième roman, conjointement attribué par le Conseil général de la Gironde et notre confrère « le Courrier français ».

L’auteur étant empêché, c’est le représentant de son éditeur, André Gabastou, qui est allé, hier après-midi, au stand du Conseil général, au-devant des partenaires officiels représentés en l’occurrence par Martine Faure, vice-présidente du Conseil général de la Gironde, déléguée à l’action culturelle, et Bernard Cattanéo, directeur du « Courrier français ». On ne sera pas surpris d’apprendre que la consistance du prix attribué à Eric Faye faisant la part belle au tourisme de quintessence culturelle en Gironde, le lauréat est invité à pérégriner non seulement sur les sites viticoles, notamment à Saint-Emilion, mais aussi du côté de chez Montesquieu (La Brède) et de chez François Mauriac (Malagar).


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“Sud Ouest” du 19 février 1998

Aux frontières du réalisme

LIVRES

Eric Faye , jeune auteur de 35 ans, renoue avec le genre délaissé

du récit fantastique

Ce jeune auteur, née en 1963 dans le Limousin, s’est fait remarquer en publiant une série de nouvelles et de romans courts qui réexplorent un genre quelque peu tombé en désuétude, du moins dans l’Hexagone. La production d’ Eric Faye , en effet, tranche autant avec le fantastique débridé de la maintenant très respectable science-fiction, qu’avec le réalisme radical ou le minimalisme subjectif qui font les tendances littéraires du moment.

Après « le Général Solitude », « Parij » et « Je suis le gardien du phare », il vient d’éditer son quatrième recueil : « le Mystère des trois frontières » (Editions le Serpent à plumes). Il y expose un style qui réhabilite le récit et rappelle, à dessein, ceux qui firent la grandeur du genre. Les thèmes, les constructions étudiées évoquent tour à tour les fictions métaphysiques d’un Borgès, l’onirisme tourmenté de Poe ou de Maupassant, les fables modernes de Buzzati. Sans trancher dans le vif entre réel et merveilleux, mais en mêlant habilement les frontières, il sait convoquer aussi une mythologie plus personnelle, oú des forces telluriques, des divinités antiques oubliées opposent leur part de mystère à une humanité fatiguée.

« SUD-OUEST ». _ Que faisiez-vous avant d’être écrivain ?

ERIC FAYE . _ J’étais et je suis toujours, depuis une dizaine d’années, journaliste à l’agence Reuter à Paris. J’essaie de mener ces deux activités de front, même si je leur reconnais assez peu de points communs. Quand j’ai commencé à vouloir écrire, je me suis aperçu que j’avais énormément de travail à faire pour retrouver une phrase, une musique qui me soit personnelle. L’écriture journalistique _ surtout en agence de presse _ est quelque chose de stylistiquement aride, qui déconstruit tout ce qu’on a pu acquérir. Il y a eu une adaptation féroce à faire. Mais c’est précisément cette aridité qui m’a poussé à écrire pour moi-même des fictions dans lesquelles je créais des mondes à ma façon, avec ma propre chronologie, ma mythologie…

« S-O- ». _ En choisissant le fantastique, avez-vous l’impression de vous démarquer de votre génération littéraire ?

E. F. _ Je ne sais pas si je suis à proprement parler un auteur fantastique. Je me situerais plutôt à la frontière des genres. Disons que j’en use comme d’une trappe ouverte dans la réalité, pour l’expliquer d’une façon différente. En France, je n’ai pas l’impression d’être dans la mouvance générale, ce qui au fond me fait plaisir. Je n’ai pas de comptes immédiats à régler avec la réalité, je n’ai pas à me soulager. Je n’ai pas envie de retrouver dans l’écrit ma vie, mes angoisses, mes phobies : j’en ai assez comme ça. Simplement, j’ai envie de rêver, de m’échapper, de m’amuser. Et si ce plaisir peut être communiqué, alors c’est merveilleux. Cela dit, il pourra m’arriver sur un point de m’engager, d’être tenté d’apporter ma petite pierre à la barricade. Je retrouverai peut-être alors des recettes plus classiques.

« S-O ». _ On repère pourtant dans vos récits des influences classiques. Etes-vous attaché à une forme particulière ?

E. F. _ Le XIXe siècle fut une des grandes époques du récit fantastique, notamment chez les Anglo-saxons : Edgar Poe, Stevenson. Ils restent incontournables. J’ai aussi beaucoup apprécié Borges ou Calvino, tout en essayant de prendre mes distances. Mon dernier recueil nécessitait de se replonger dans un univers de conte, demandait de faire jouer certains codes traditionnels, quitte à s’en démarquer après. Beaucoup des romans de ces auteurs commencent très classiquement, pour basculer par la suite, et c’est aussi ce que j’essaie de faire. On prend le lecteur par la main, on lui montre un cadre réaliste, un terrain très familier. Ensuite, on va tenter d’ouvrir des trappes sous ses pieds. Cela dit, je pense que mon avant-dernier roman avait un ton très différent : narration au présent, oralité, dilution du dialogue dans le récit. Je pense que chaque histoire, chaque idée commande un style différent. Ce n’est pas facile de sortir de soi-même, mais c’est ce qui m’amuse : essayer de changer d’écriture selon les besoins du récit.

Propos recueillis par SERGE LATAPY

 

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20 mars 2008 - Aucun commentaire
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Et mon coeur transparent



livre ovalde

VOIR LES ARTICLES DE “SUD OUEST” A PROPOS DE VERONIQUE OVALDé

Sait-on jamais avec qui l’on vit ?

Lancelot ne cesse de se heurter à cette question depuis que sa femme, Irina, a été victime d’un accident qui l’a précipitée au fond de la rivière Omoko. Déjà ébranlé par sa mort, il va vivre un « Très Grand Choc Supplémentaire » en découvrant que des mystères entourent cette disparition. Un à un se dévoilent les secrets que sa femme avait pris soin de lui cacher. Dès lors, il ne lui reste qu’à mener l’enquête et élucider cette énigme : que faisait Irina, ce jour-là, à Catano, au volant d’une voiture qui ne leur appartenait pas et dont le coffre contenait des objets pour le moins suspects…

Véronique Ovaldé nous entraîne dans le tourbillon de son imagination et nous offre un roman noir en trompe l’œil. De livre en livre, elle bâtit son univers, qu’elle habite par sa fantaisie et son goût pour le merveilleux. Les histoires qu’elle raconte sont de celles que l’on ne trouve que dans les livres.

Véronique Ovaldé

Véronique Ovaldé est une écrivaine à l’imaginaire particulièrement vif. Le Sommeil des poissons (Le Seuil, 2000), Toutes choses scintillant (Éditions de l’Ampoule, 2002), Les Hommes en général me plaisent beaucoup et Déloger l’animal (Actes Sud, 2003, 2005) : en quatre romans elle a imposé un univers singulier, fantasque et sombre, en France mais aussi à l’étranger (nombreuses traductions). Elle a reçu la Bourse Goncourt du livre jeunesse avec l’illustratrice Joëlle Jolivet pour leur album, La Très Petite Zébuline (Actes Sud Junior, 2006). Son dernier livre, Et mon cœur transparent, « une vraie fausse enquête sur un vertige », est « un roman noir drolatique qui ne prend pas complètement au sérieux ses propres codes » (Véronique Rossignol, Livres Hebdo).

Véronique Ovaldé participe régulièrement à des performances avec des artistes : production de multiples avec Françoise Quardon, performances avec Hervé Trioreau (Lieu Unique, Nantes, 2005), Louis Vermot (Correspondances de Manosque, 2005), lectures (festival d’Avignon, jardin des Doms, 2006).

Elle est née en 1972 au Perreux-sur-Marne, travaille dans l’édition et vit à Paris avec ses deux enfants.

Sources : http://www.editionsdelolivier.fr


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18 mars 2008 - Aucun commentaire
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Linge sale

livre lecasble


La Sicile, hier, aujourd’hui ou demain. Un nouvel assassinat. Encore une femme. Une de plus. Une de trop. Toutes les femmes d’Italie manifestent : tee-shirt blanc immaculé, sauf une tache rouge sur le devant, la place du cœur. Des millions de femmes italiennes qui décident d’arrêter toute lessive tant que l’assassin sera en liberté. Fracassées les machines à laver, accumulés les vêtements sales. Une odeur de crasse et de sueur suinte des maisons, se répand dans tout le pays.
Une famille sicilienne : les Leonetti. La mère aimante Angela et ses deux enfants, Leo insaisissable, Angheli qui ne veut plus de son adolescence ; Pasquale, le père, mutique, méthodique et inquiétant. Très vite Linge sale bascule dans les apparences du roman noir quand Leo découvre une fortune en billets cachée au cul de la machine à laver défoncée. Et tandis que la crasse insidieuse, inéluctable recouvre tout le pays, une famille éclate, se perd et se retrouve dans le sang et la mort.

 

 

Guillaume Lescable

 

Le troisième roman de Guillaume Lecasble, après le marin et surprenant Lobster et le non moins original Cut, parus aux Éditions du Seuil en 2002 et 2004. Il est également l’auteur de deux livres illustrés pour la jeunesse, Le Jour où Bonhomme a rencontré la pluie et Tiens-toi droite ! , et d’un beau livre, Un artiste au Grand Véfour, avec Guy Martin, également publiés au Seuil. Peintre depuis 30 ans (il a réalisé une exposition à la FIAC en 1993), cinéaste par plaisir (auteurs de 4 courts-métrages d’art et d’essai), il se consacre désormais avec passion à l’écriture.


 

Sources : Editions du Panama

 



 


18 mars 2008 - Aucun commentaire
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Renaissance italienne

livre laurrent


De retour de Florence, où j’étais allé passer une dizaine de jours pour oublier Clara Stern, je ne pouvais imaginer que le destin me ramènerait en Toscane quelque neuf mois plus tard - et encore moins que j’y trouverais l’amour.

Portrait d’Eric Laurrent

(par Jean-Claude Lebrun)

Eric Laurrent s’est déterminé pour une écriture qui cherche moins à aborder de front les problèmes du monde qu’à opposer des visions originales de ce monde et des êtres qui le peuplent. Un projet qui recèle une incontestable dimension poétique. De la même façon que ses livres abritent des tableaux cachés, ils tiennent en effet dissimulés un certain nombre de formes métriques, singulièrement des alexandrins repérables au rythme qu’ils donnent à la phrase. Bien plus que dans une littérature documentaire aujourd’hui proliférante, ce pourrait bien être chez des écrivains ayant fait le choix du travail sur la langue et la composition de leurs textes que se trouveront, dans quelques années, les échos les plus représentatifs et les plus fiables des sensibilités et des modes de pensée contemporains. Les œuvres les plus éclairantes sont en effet aussi celles qui ont su rompre avec les éclairages traditionnels, n’hésitant pas à paraître prendre leurs distances avec la réalité.

Sources : Editions de Minuit


VOIR LES ARTICLES DE “SUD OUEST” A PROPOS D’ERIC LAURRENT


18 mars 2008 - Aucun commentaire
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Strangulation

livre larnaudie


Jean regardait s’effectuer les départs, l’appareillage des chalutiers, des cargos, des paquebots dont il suivait la course jusqu’à leur disparition dans l’anse, aux confins des quais, en direction du nord-ouest et de l’estuaire. Il se doutait d’un temps plus intense, qui s’ouvrait au-delà des passes. La répétition des exils aperçus lui désigna bientôt la carence de sa position ; il lui sembla que son adolescence ne faisait que poursuivre, en d’autres refuges, les restrictions protégées de son enfance. Par contraste et à contre-jour, il enviait le sort des marins qui allaient, eux, se frotter aux vents incertains, qui savaient se défaire froidement des attaches, qui embarquaient vers des contrées audacieuses et laissaient la Gironde derrière eux retomber dans sa léthargie confuse.
Jamais il ne s’embarqua.


Sources :  Gallimard


Mathieu Larnaudie

Après des études de lettres et de philosophie, il se consacre à la littérature et à l’écriture de fictions. Il publie tout d’abord, alors qu’il est encore étudiant, Habitations simultanées.Depuis 2004, il codirige les éditions et la revue Inculte. Son travail interroge les genres et la variété des langages pouvant être utilisés dans une œuvre littéraire. C’est en ce sens que ses livres semblent hétérogènes, provenir d’auteurs différents, comme le note Arno Bertina dans sa postface à Pôle de résidence momentanée.

(source : wikipedia)

 


18 mars 2008 - Aucun commentaire
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Les Derniers indiens

livre lafon


« Les Santoire vivaient sur une île, ils étaient les derniers Indiens, la mère le disait chaque fois que l’on passait en voiture devant les panneaux d’information touristique du Parc régional des volcans d’Auvergne, on est les derniers Indiens. »

Les Santoire, le frère et la sœur, sont la quatrième génération. Ils ne se sont pas mariés, n’ont pas eu d’enfants. En face de chez eux, de l’autre côté de la route, prolifère la tribu des voisins qui ont le goût de devenir. Sentinelles muettes, les Santoire happent les moindres faits et gestes. Et contemplent la vie des autres. Celle des vrais vivants.


 

Sources : Editions Buchet-Chastel


Marie-Hélène Lafon

Professeur de Lettres, née en 1962 à Aurillac.

En 1996, elle commence à écrire.

 

Vit à Paris.


18 mars 2008 - Aucun commentaire
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L’homme sans empreintes

livre faye


Thomas Ahorn, l’universitaire allemand spécialiste de Salinger, Wagenbach, un vieil anarchiste exilé dans une île de la mer Baltique, Aguila Mendes, un jeune journaliste ambitieux et peu scrupuleux. Et même Alfred Hitchcock, qui aurait tenté d’adapter à l’écran un des romans du mystérieux écrivain avec la troublante Kim Novak. Chaque narrateur va donc s’attacher à recomposer le puzzle d’une vie construite sur la dissimulation.
Et toujours Osborn se dérobe. Directeur d’une revue anarchiste à Berlin, ethnologue dans la jungle, patron d’auberge, agent littéraire… il brouille les pistes et demeure insaisissable sous de multiples identités.

Eric Faye

Éric Faye est né à Limoges en 1963. Il travaille aux bureaux parisiens de l’agence Reuter. Auteur de romans et de nouvelles, il a publié chez Stock Croisière en mer des pluies (1999), Les cendres de mon avenir (2001), La durée d’une vie sans toi (2003), Mes trains de nuit (2005) et Le syndicat des pauvres types (2006).

Sources : Editions Stock


VOIR LES ARTICLES DE “SUD OUEST” A PROPOS D’ERIC FAYE




18 mars 2008 - Aucun commentaire
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